MICHAUX Henri

1899 – 1984

Henri Michaux est un poète belge naturalisé français. En 1919, il abandonne des études de médecine pour devenir matelot, et exerce par la suite divers métiers. Il découvre alors l’œuvre de Lautréamont qui l’incite à écrire. Il s’installe en 1924 à Paris et publie « Qui je fus ». Il fait alors de nombreux voyages : en Asie, en Amérique du Sud. Au cours d’un périple en Inde, il découvre les effets de la magie, qu’il assimile au processus de la création littéraire. Il travaille aussi le dessin qui lui apparaît comme plus libérateur, sans l’obstacle des mots chargés de tout un contenu qui fausse la signification qu’ils devraient avoir.

Sa série de dessins sous mescaline est l’une des plus importantes de l’art de Michaux. L’artiste explore les effets de la mescaline et de la LSD avec le zèle de l’expérimentation, avide de connaissances. Selon les témoignages, il accumule et consomme une quantité abondante de littératures scientifiques, et s’isole dans des clinique et cabinets médicaux pour réaliser certains de ses ouvrages. Ainsi, peinture et poésie s’entremêlent dans les cinq livres qui témoignent de cette expérience : Misérable miracle, l’Infini turbulent, Paix dans les brisements, Connaissances par les gouffres, Les grandes épreuves de l’esprit. En 1956, les premiers dessins de mescaline sont exposés à la librairie La Hune, sous le titre expressif Description d’un trouble. Le résultat de l’utilisation de mescaline par Michaux est un pur tremblement, une pure vitesse, un pur vertige, un pur zigzag abstrait et répétitif qui occupe tellement la surface qu’il n’est qu’un murmure.